Le bois énergie en Île-de-France ©exclusive-design/stock.adobe.com

Le bois énergie et la qualité de l’air

La combustion du bois, comme toute combustion, génère des polluants atmosphériques, notamment des particules fines (PM10 et PM2.5). Ces particules présentent un risque sanitaire important. C'est pourquoi il est impératif que les ménages franciliens qui se chauffent au bois s'équipent de matériels récents et performants, répondant aux normes sanitaires les plus exigeantes.

Le chauffage au bois domestique et les particules fines

Sur les 800 000 ménages franciliens utilisant le chauffage au bois, 480 000 ménages utilisent des appareils peu performants, chauffant mal et polluant beaucoup.

 

Selon une étude d’Airparif, le réseau de surveillance de la qualité de l’air en région parisienne, en 2015, le chauffage au bois domestique est responsable de près de 85 % des émissions de particules du secteur résidentiel, alors que ce combustible ne couvrait que 5 % des besoins d’énergie pour le chauffage des logements. Toujours selon cette étude, en Île-de-France, le chauffage résidentiel au bois est responsable de 29 % des émissions primaires de PM10, 45 % de PM2.5, 44% des émissions d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), 13% des émissions de dioxine et 11% des émissions d'oxyde d'azote (Nox), qui sont des composés particulièrement nocifs pour la santé.* Ce sont surtout les foyers ouverts et les foyers fermés anciens (datant d’avant 2002) qui contribuent à ces émissions (à 75%).

 

Les paramètres impactant les émissions de particules dépendent de la qualité de combustion. Dans les foyers individuels, ces paramètres sont nombreux : la qualité du bois (humidité...), la dimension, le type et de l’âge de l’installation, les pratiques individuelles (taux de remplissage, entretien, allumage par le haut…). Les conditions d’une combustion complète et correcte (maîtrise de la quantité d’air, fonctionnement, bois sec de qualité…) sont difficiles à réunir. Si elles ne sont pas remplies, la combustion entraîne la production de particules nocives.

 

Le Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA) d’Île-de-France 2018-2025 définit pour l’ensemble de la région les objectifs et les actions de l’Etat permettant de ramener les concentrations d’oxydes d’azotes et de particules en dessous des valeurs limites de qualité de l’air. Il a fixé pour objectif en 2020 une baisse de 28 % des émissions de particules fines (PM10) dues au secteur résidentiel - dont le chauffage au bois - par rapport aux émissions de 2014.

 

Pour aller plus loin, voici une vidéo réalisée par le SER sur la qualité de l'air et le chauffage au bois :

 

*  Le diamètre des particules fines PM2.5 et PM10 sont inférieurs respectivement à 2.5 et à 10 µm. À titre de comparaison, le diamètre moyen d'un cheveu humain est de 50 à 70 µm.

Fontainebleau - Crédit : Radu Razvan/stock.adobe.com

Stricte réglementation pour le chauffage collectif et industriel

Les constructeurs de chaufferies industrielles au bois ont beaucoup travaillé à l’amélioration de la conception des installations. Ils proposent aujourd’hui des technologies qui diminuent fortement les émissions de polluants dans l’atmosphère (meilleures conditions de combustion, mise en place de dispositif d’épuration des rejets gazeux, etc.).

 

Ces installations sont également soumises à une réglementation environnementale stricte. A partir d'une puissance d'1 MW, elles sont soumises à la Réglementation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Cette réglementation leur impose le respect de valeurs limites d’émissions, selon la taille de l’installation et du type de combustible. Au fil des années, les dispositions réglementaires se sont durcies avec, en particulier, un renforcement des limites d’émission concernant les NOx, le SO2 et les poussières.

Chauffage domestique bois en Île-de-France - Crédit : Volff/stock.adobe.com

Le secret d'un chauffage moins polluant : la qualité du bois et de l’équipement

Les consommateurs de bois de chauffage doivent être conscients de l'impact du brûlage de bois bûche, notamment en foyers ouverts (cheminées) sur la qualité de l'air chez eux et à l'extérieur. Pour limiter l'émission de particules, l’utilisation de bois sec et ayant un label de qualité reconnu est à privilégier. Il a été montré que le passage de 40% à 100% de bois sec permet de diviser par 4 les émissions totales de particules (source : CERIC).

 

En effet, comparé à des systèmes modernes optimisant la combustion et le traitement des fumées, et fonctionnant aux granulés ou au bois déchiqueté, le bois bûche est très émissif en particules fines. Il est donc impératif que le consommateur s'assure qu'il brûle un combustible de qualité, présentant un faible taux d'humidité – via par exemple la certification Île-de-France Bois Bûche (en cours d'actualisation).

 

Par ailleurs, remplacer son appareil de chauffage ancien (foyer ouvert, foyer fermé d'avant 2002) par un appareil performant (poêle, insert...) permet d'augmenter les rendements de son installation (jusqu'à 7 fois) et de diminuer les émissions particulaires. Les inserts les plus performants font l'objet du label Flamme verte et des professionnels sont labellisés Qualibois pour l'installation de ces appareils.

 

Il existe également des dispositifs incitatifs, notamment le fonds air-bois opéré par la Région Île-de-France et l’Ademe, qui proposent des aides financières aux particuliers souhaitant renouveler leur équipement de chauffage au bois non performant.

 

En résumé, il est possible de limiter son impact au niveau individuel sur la qualité de l’air en adoptant les comportements suivants :

  1. Entretenir régulièrement l’appareil de chauffage,
  2. Faire ramoner le conduit de cheminée pour éviter les surplus de consommation (1 à 2 fois par an obligatoirement, selon le Règlement Sanitaire Départemental),
  3. Posséder un appareil performant labellisé Flamme Verte et un conduit de fumée, dimensionnés en fonction des besoins du logement, et installés dans les règles de l’art par un professionnel qualifié RGE,
  4. Utiliser un combustible de qualité, préférablement du feuillu dur (chêne, charme, hêtre, frêne) qui possède un haut pouvoir calorifique, et surtout sec (taux d’humidité inférieur à 20%),
  5. Pratiquer la technique de l’allumage par le haut, ou allumage inversé dans le cas de la bûche.

Pour en savoir + :
Les bonnes pratiques pour améliorer la combustion et limiter les émissions de polluants

- La section "Pour les particuliers" de notre site internet qui présente les différents appareils de chauffage et labels et certifications

Baisse des émissions de particules fines en fonction de l'évolution du parc d'appareils en 2017 - CERIC
Baisse des émissions de particules fines en fonction de l'évolution du parc d'appareils (Indice 100 en 2012) - Etude CERIC juillet 2017